nazca

Ça, un premier album ? Mazette, ils ne rigolent pas les Nazca. Remarquez, leur musique non plus. Le groupe offre une intéressante synthèse entre des tendances américaines de la fin des 80’s et d’autres plus européennes, du début de cette même décennie. C’est-à-dire que le côté métal et rapide se conjugue avec les déclamations d’une guitare encore ancrée dans le rock de mauvais garçons.

On peut ainsi penser, à l’écoute d’un même morceau à Angra, à Accept, à Iron Maiden ou aux premiers albums de Motley Crüe. De nombreux passages instrumentaux, plus modernes, lorgnent vers le heavy-prog’ (Dream Theater, of course). Avec le renfort d’un discret clavier. Attention toutefois, on ne parle pas ici d’une musique copiée-collée mais bien d’un groupe au caractère propre. Et dont l’œuvre réclame une certaine attention de l’auditeur. Testez donc Reaching Your Soul, titre phare de plus de 8 minutes.

Le chanteur a du coffre, malgré une voix assez rentrée. Pas de “I Want you, I need you, I love you” mais des paroles qui parlent de façon imagée d’amour, de nos faiblesses cachées, d’espoirs intérieurs et même… d’un ouragan tropical (le très bien foutu Winds of Fear).

Nazca a enregistré à la maison, à La Réunion. Dennis Ward (qui a collaboré notamment avec… Angra, tiens donc) est responsable du mix. Le son aurait gagné à être plus clair et à mieux détacher chaque instrument. Pas facile car Nazca, en voulant en faire un maximum, est parfois à la limite d’en faire trop. On aimerait de temps à autres une petite respiration supplémentaire dans cet ensemble très dense.

Enfin, le morceau bonus est un instrumental qui fait la part belle à une guitare joe-satrianienne -le Satch qui tricote des ambiances et non celui qui descend son manche plus vite que son ombre.

Conclusion : Nazca a le potentiel pour trouver sa place en première division du heavy français. Pour l’océan Indien, s’cusez, là, je ne peux pas me prononcer par manque de connaissance de la situation…

Note: 8/10